cmamm 2021 semaine 17

« J’ai lu ces temps-ci, que j’étais un solitaire. Peut-être. J’essaye en tout cas, solitaire ou non, de faire mon métier. Et, si je le trouve parfois dur, c’est qu’il s’exerce principalement dans l’assez affreuse société intellectuelle où nous vivons, où l’on se fait un point d’honneur de la déloyauté, où le réflexe a remplacé la réflexion, où l’on pense à coup de slogans, comme le chien de Pavlov salivait à coup de cloche, et où la méchanceté essaye trop souvent de se faire passer pour l’intelligence. »

(Discours d’Albert Camus prononcé le 22 janvier 1958 devant des réfugiés espagnols, qui venaient de fuir le franquisme, Grand Bien Vous Face d’Ali Rebehi, « Les bienfaits de la nuance » France Inter, le 29 avril 2021)

Tout était dans l’ordre. Je m’efforçais de « faire le travail », mes lectures, mes blogs, mes commentaires et mes pauses assises… Tout ceci, dans la mesure et la bienveillance. Jusqu’à ce jour, hier midi, où tout a basculé. Pourtant, ça fait trois mois que je m’entraîne, que je m’exerce tous les jours, répétant les mantras notés sur des fiches, relus, jour après jour. Combien de fois ai-je répété avec conviction que « chaque fois que je jure, que j’exprime de l’impatience, de la colère envers quelqu’un (…) ou que j’ai simplement une pensée négative, je me connecte à ma plus haute intention. »

Je n’ai pas vu le coup partir. Et je me suis laissé entraîner dans un double conflit. Le premier en voulant calmer le jeu entre Charlotte et son frère. Vieux conflit larvé entre eux deux, mais qui hier a pris une ampleur démesurée. Le second, moi face à moi-même et face à femme et enfants ! C’était perdu d’avance…

Quel a donc été le déclencheur ?  Vous ne devinez pas ? Non… ? Eh bien le vaccin !

Depuis le début de la pandémie, étant donné que nous sommes en face d’une « chose » inconnue, qui a submergé toute la planète et contre laquelle personne n’était préparé, on a vu déferler tout et son contraire. Volontairement pour garder mon libre arbitre et éviter d’être entraîné dans ce maelstrom, je n’ai pris parti pour aucune thèse avancée, qu’elle soit sérieuse ou fumeuse. Ma seule inquiétude était relative aux vies professionnelles de mes enfants, réduites à néant depuis plus d’un an.

Isabelle, mon aînée, comédienne, directrice d’un petit théâtre ni ne joue, ni ne met en scène et son théâtre est fermé. Florence, la cadette, dirige une école de danse dans la région francilienne. Cette école est fermée. Heureusement, Florence est salariée. Charlotte, la petite dernière, se trouve dans la même situation à Aix-en-Provence, mais son école, qu’elle a racheté il y a trois ans est privée et repose sur ses fonds propres. En outre le studio de Gyrotonic de remise en forme qu’elle a créé est lui aussi fermé. Quant à Benjamin, « tourneur » dans une société de promotion de musique électronique, où ses musiciens donnent des concerts dans des salles de spectacle recevant des milliers de personnes (Dock des Sud à Marseille, Olympia à Paris et des tournées dans les Zéniths en France…) et également dans des discothèques, se retrouve également sans travail. Si les « filles » ont pu « survivre » avec une grande débauche d’énergie, d’inventivité et de talent avec ‘zoom.us ‘, Benjamin n’a plus aucune activité depuis un an. Et tous attendent qu’on les libère et qu’ils puissent travailler…  à nouveau. Enfin pour planter définitivement le décor, Monique relève d’un cancer du pancréas, contracté il y a trois ans, opéré avec succès et avec aujourd’hui tous les indicateurs au vert.

Ce qui fait que toute cette charge émotionnelle accumulée dans la famille a fait sauter tous les verrous. Le ton est très rapidement monté. Mon intention première était d’arrêter cette escalade. Tout s’est tellement emballé que c’était le point de non retour et que tout pouvait arriver. Pour essayer de reprendre la situation en mains, je n’ai fait qu’empirer la situation, en jetant de l’huile sur le feu, en criant plus fort. En définitive pour éviter que frère et sœur n’en viennent aux mains, je me suis interposé physiquement entre eux…

« Adieu, veau, vache, cochon, couvée… » et comme Pierrette je me suis retrouvé Gros-Jean comme devant ! 

Le mal était fait et les mots échangés étaient tellement durs, que je n’ai pu que demander pardon à Benjamin pour tout le mal que je lui ai fait. Et une image fugitive de ce qui s’était passé entre nous il y a trente ans m’est réapparue. Ce que j’ai relaté dans un autre blog. Le dessin que Benjamin m’a montré avec fierté et que je n’avais même pas pris le temps de regarder. De prendre Benjamin sur mes genoux et d’échanger avec lui… Ainsi retour à la case départ avec beaucoup de bleus à l’âme…

Et pourtant j’aurais dû me méfier, car au cours d’une de mes toutes dernières pauses assises, m’est apparu ce message : « C’est en donnant de mon temps que je reçois de l’abondance. » En outre, hier, en garant ma voiture au parking juste avant ce déjeuner je tombe sur l’émission de Ali Rebeihi avec au programme « Les bienfaits de la nuance »… Il y a des signaux qu’il faut savoir voir et entendre !

Si cette expérience est dure et difficile pour les relations père-fils, que je dois recoudre avec amour et patience, cette expérience est salutaire pour certes m’intéresser aux autres, mais bien plutôt donner, sans compter, de mon temps à ma famille. Enfin, sans vouloir donner aucune leçon, je suis encore loin d’être « Le Plus Grand Vendeur du Monde » cher à Og Mandino. J’ai pourtant toutes les clefs mains.

« Qu’est-ce que je prétends ne pas savoir ? »

« Que fait ensuite la personne que j’ai l’intention de devenir ? » 

Et puis sans relâche, garder mon Engagement à poursuivre le développement des 5 habitudes de la Progression Composée Complexe :

1. Trois Gratittudes ; 2. Deux Actes de Gentillesse aléatoires ; 3. Écrire une carte avec une ou deux phrases style Mini-journal ; 4. Exercice physique ; 5. Pause assise;

Alors maintenant ? Au travail !