cmamm 2021 semaine 16

Cette semaine, placée sous le signe d’une Excellente Santé Physique, me rappelle cette citation de Juvenal : « Mens sana in corpore sano. » Il est vrai que le mental et le physique se nourrissent l’un l’autre. En outre, cela nous conforte, nous Cmammiens, de savoir qu’il faut aussi intégrer ce que disait Michel de Montaigne en insistant sur : « Mieux vaut tête bien faite que tête bien pleine. » Ce qui nous amène en transition à cette réflexion d’André Comte-Sponville : « Mieux vaut être en bonne santé qu’avoir un bon médecin. Cette évidence met la médecine à sa place qui n’est pas la première. Et tout homme devant les aléas du destin. La santé fait partie des choses, comme disaient les stoïciens, qui ne dépendent pas de nous, en tout cas pas totalement ni d’abord. Qu’on puisse lui nuire, certes. La préserver, sans doute. Mais à condition d’abord de l’avoir. C’est l’injustice première, et la pire

Si j’ai choisi cette citation d’André Comte-Sponville (ACS) extraite de son essai « Le goût de vivre et cent autres propos » paru en 2010, c’est que si rien n’a vraiment changé, en revanche ce que nous vivons depuis un an résonne de façon fracassante… Par ailleurs, ayant côtoyé les idées politiques pendant trois années à Sciences-Po-Aix, dans les années 90, ce qui, je vous l’accorde ne me donne aucune légitimité, j’en profite toutefois pour m’exprimer sur la Politique avec un grand « P »… au moment où tout le monde est expert en tout et en rien, autant sur les plateaux télévisés que sur les réseaux sociaux… En effet, si rien ne sera plus comme avant, « Panta rhei », disait Héraclite :  » ‘Tout change, tout coule’. Crise ou pas, on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, ni dans la même époque… «  (ACS). Toutefois, n’oublions pas ce que Giuseppe Tomasi di Lampedusa, prince sicilien, faisait dire à Tancredi, neveu de Don Fabrizio Corbera, prince de Salina, dit ‘le Guépard’ : « Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi ! » (Si nous voulons que tout reste comme ça, il faut que tout change !) Tancredi, noble désargenté, mais fin politicien, comprend la nature des enjeux. Effectivement, il représente l’aristocratie qui accepte de changer et de vivre avec son temps, en abandonnant les valeurs de pureté du sang pour des valeurs plus pragmatiques comme le succès et l’argent. Tandis que la fille de Don Fabrizio, représente, elle, le choix du passéisme, certes beau et honorable, mais conduisant inévitablement la famille vers une fin triste et dépassée…

Pourquoi aborder, me direz-vous, le thème de l’Excellente Santé Physique sous l’angle philosophique ? En premier lieu, pourquoi pas ? En second lieu, pour voir ce qui est communément admis. La vieille empreinte mentale ? Oui, je vous l’accorde. Face à la santé physique et son corollaire la santé mentale, les philosophes grecs ont bien séparé l’approche stoïcienne de l’approche épicurienne. Et quoiqu’on fasse, on ne peut y échapper, et être stoïcien, ou épicurien ou les deux à la fois…

Examinons, dans un premier temps l’approche classique, pour ensuite entrevoir s’il n’y a pas une autre alternative… changer de paradigme, comme on dit aujourd’hui, ou d’empreinte mentale comme nous sommes en train de le faire depuis 3 mois !

Ainsi, si la sagesse  » reprend Comte-Sponville (…) ne dépend pas de nous, puisque notre santé, qui la conditionne, lui échappe. Au reste, la sagesse est hors de portée, presque toujours, et c’est ce qui nous voue à la philosophie. Or que peut celle-ci contre le destin ? (…) Notre bonheur ne dépend pas de nous (…) et que peut notre amour contre les chauffards ? contre le virus ? Et quel vaccin contre le malheur ? Faire des enfants, me disait mon père, c’est donner des otages au destin. (…) Quoi de plus précieux qu’un enfant ? Quoi de plus fragile ? Pauvre humanité, qui ne sait, contre l’horreur, que prier ou pleurer ! L’étonnant est que cela ne nous empêche pas la vie, telle qu’elle est, telle qu’elle passe, que nous ne l’en aimons peut-être que mieux, de la savoir si exposée, si effrayée, si effrayante, si démunie. Le paradis nous ennuierait, ou nous nous y ennuierions de nous-mêmes. Puis il y a tous ces plaisirs, toutes ces joies, toutes ces douceurs… Ô le rire de l’enfant ! Ô la caresse de l’amante ! Épicurisme et Stoïcisme sont deux philosophies considérables, qui se complètent. Celle-ci plus nécessaire dans le malheur ; celle-là plus utile pour le bonheur. C’est comme Mozart et Beethoven : ce sont deux sommets ; mais le second d’énergie, de puissance, de courage ; le premier, plutôt de joie, de lumière, de grâce… À quoi bon choisir, puisque les deux existent, puisqu’ils sont l’un et l’autre irremplaçables ?  » Et André Comte-Sponville de conclure : « Cela toutefois ne m’a jamais empêché de me sentir plus proche de Beethoven, hélas, et de préférer Mozart.« 

Avant de revenir à la Clef de la Maîtrise, je vais vous partager mon expérience d’une santé physique laissée à vau-l’eau. J’ai été un grand sportif (gymnastique, ski, rugby, athlétisme, tennis…) et puis un jour j’ai décidé de muscler mon mental en arrêtant toute activité physique, pour reprendre des études. Sans m’en rendre compte, il s’est produit chez moi un très grand déséquilibre, qui m’a conduit il y a deux ans à être un ‘vieillard’, marchand avec très grande difficulté. C’est grâce à ma famille que j’ai pris conscience que je devais reprendre ma vie en mains. Si bien que je me suis fait opérer des deux genoux. Aujourd’hui, j’ai deux prothèses complètes et je ne ressens plus aucune douleur. Voilà que je revis et que je souris à la vie ! J’ai repris un entraînement sévère, qui m’a permis de skier à nouveau en janvier 2020. Véritable cadeau d’anniversaire que je me suis fait pour mes 75 ans… Entre temps, ayant énormément perdu d’acuité auditive, ce qui m’isolait physiquement, lors de dîners, de réunions, ou de réceptions, je me suis fait appareiller. Et je ne suis donc plus isolé, voire mis à l’écart… Ceci pour dire en toute simplicité que depuis que j’entretiens à nouveau mon physique, je me sens à nouveau « complet, parfait, fort, puissant, dans l’amour, l’harmonie et le bonheur ! »

Tout ceci, sans omettre que j’ai rééquilibré mes deux ‘moi’, d’une part le ‘moi physique’ et d’autre part le ‘moi intellectuel et spirituel’, entretenu avec délices et ferveur grâce à la Clef de la Maîtrise de Mark Januszewski et Luc Griffet. En effet cette expérience du Héros, qui veut me mettre en adéquation avec mon ‘Soi Supérieur’, m’enrichit davantage que de passer du stoïcisme à l’épicurisme ou vice versa… En outre cette évolution spirituelle est continue et elle est alimentée constamment par les échanges des MasterMind. Aussi merci à vous tous de m’aider à être chaque jour un peu meilleur !