cmamm 2021 semaine 6

Vous aimez les histoires ? Eh bien vous allez être servis ! Hier, samedi 13 février 2021, l’univers m’a envoyé un énorme signal, sous forme d’un réfugié afghan, que nous hébergeons depuis dans notre bastide.

– Monique, je ne sais que faire de ce réfugié afghan, commence Roseline… Il n’a pas ses papiers… Tu peux me dépanner ? Ne t’inquiète surtout pas. C’est un garçon très bien, tu sais. Très bien éduqué, parlant parfaitement le français. Il s’appelle Omid.

– Tu sais bien que je ne peux rien te refuser, lui répond Monique.

C’est ainsi que commence cette incroyable aventure.

Omid se présente chez nous samedi matin et nous raconte rapidement son histoire. Omid a 25 ans et il est le sixième enfant d’une famille de sept. Trois vivent en Afghanistan. Les autres ont fui leur pays pour la Suède, les États-Unis, l’Italie et la France, où est arrivé Omid. Leurs parents, qui vivent dans un pays en guerre depuis 60 ans, font partie d’une minorité ethnique les Hazaras, descendants des Mongols, et ethnie pacifique et cultivée, opprimée par les autres ethnies. Le père d’Omid pour faire vivre sa famille s’expatrie en Iran, où il vend sa force de travail comme tous les immigrés du monde… Toutefois il a à cœur que ses sept enfants soient éduqués. Ce qu’ils ont réussi parfaitement, puisque ils sont tous diplômés. Quant à Omid, il commence à Kaboul des cours de littérature chinoise. Puis il ouvre dans son village une école mixte, très mal vue par les extrémistes, aussi, se sentant menacé par les Talibans, en 2015, il est obligé de s’enfuir d’Afghanistan. Et pendant trois mois, commence pour Omid un long périple qui, d’Iran,Turquie, Grèce, Macédoine du Nord, Serbie, Bulgarie, Bosnie, Croatie, Slovénie le conduit en Autriche, où il va y demeurer près de 4 années. Ne pouvant obtenir le statut de réfugié, Omid est contraint de reprendre la route via l’Allemagne et les Pays-Bas, pour arriver en Provence. Actuellement il est étudiant en sociologie à l’Université de Provence.

Quand Omid est arrivé chez nous, m’étonnant qu’il ait pu ait pu apprendre 7 langues, dont le chinois, l’allemand et le français, puisque l’anglais il l’a appris en Afghanistan, je lui ai dit : « Tu n’avais pas le choix… », il m’a répondu malicieusement : « Tu sais, Dominique, c’est d’autant plus vrai, que j’ai écrit un livre dont le titre est ‘Je n’avais pas le choix’ ! »

Ainsi Omid, n’a eu aucune autre alternative que la fuite ou la mort. C’est un véritable Voyage du Héros, lequel a choisi de tout quitter pour vivre son rêve, quels que soient les risquent encourus. Car Omid a choisi de vivre… en liberté.

Cette mise en perspective du destin d’Omid est à rapprocher du blog de Luc Griffet « Le Travail le Plus Dur au Monde » lorsqu’il écrit « pour tous ceux et toutes celles qui sont chatouillés par les affres de l’abandon… » prétextant qu’ils n’ont pas le temps de faire tout cela… ou qu’ils ont pris trop de retard, ils n’y arriveront pas… ou bien qu’il y a un imprévu et ils doivent s’occuper d’urgence… etc. pensez-vous qu’Omid serait encore en vie, s’il s’était posé ces questions ?

C’est vrai : « Il n’avait pas le choix… »